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Le vide

Mercredi 4 janvier 2006

La boucle est bouclée ! Je prends le volant et suis ses instructions. La crainte éternelle de me gourer de chemin s’immisce jusqu’à ma conscience. Je la balaie. J’ai appris à le faire. Faire taire l’herbivore apeuré qui sommeille. Restes sans forces d’un legs familial. La fée Frousse, penchée sur mon lit d’arrivée, m’a jeté ce sort même pas terrible, juste inhibant. Merci maman… Mais j’ai confiance en ses indications et arrive sans encombres à la grande surprise de ma cervelle ruminante. Gare de Lyon, foule énervée, cohue, Domi et les enfants, le vide apparent s’empli, pas le temps d’écouter l’abîme, pas cette fois… blabla, blabla, retour…

Je vis dans un monde de gens. Dès le lendemain, ils m’assaillent de bonne année et meilleurs vœux. Comme si je venais de naître le 1er janvier, comme si chaque année était un dé jeté au hasard, non reliée à l’année précédente, comme si notre histoire recommençait encore et encore. Quoiqu’il m’arrive, mon histoire débute il y a au moins 44 ans, impossible de faire autrement. Récemment, dans un bouquin pour psychiatre fou, j’ai lu qu’une mère qui vomissait pendant sa grossesse était une mère qui ne voulait pas d’enfant, simple non ? merci maman…

Peu importe, l’abîme ne vient pas de là, il est collé ailleurs, un cadeau de l’évolution, un gouffre qui m’empêche de m’endormir totalement.

Ha…. Escalade, le défoulement, grimper, sentir battre mon cœur. Mes bras me font mal, j’oublie le vide, collé au mur, lentement, doigt après doigt. Les autres sont là aussi. Rapport animal, sportif. On parle de voies, de prises, tout devient simple. Notre vocabulaire s’estompe. On me questionne. Et comment ce mouvement, ce passage. Je réponds, plaisante, explique, montre. Mais savent ils qui je suis ? non, personne ne sait qui est qui, vraiment. Juste une surface… Magalie arrive, « pierre, je dois chuter ». Pauvre fille, équipée de la tête aux pieds et qui ne saura jamais grimper, elle veut chuter, vaincre sa peur. Va pour la chute, va, Magalie, grimpe et tombe. Tu vas connaître la sublime sensation de ta naissance. Une seconde plus tard, tu es en pleurs, tu te tiens le cœur et tu m’en veux. As tu vu la petite lueur dans mon œil ? la volonté de mon cœur de t’insulter, de te dire ce que tu es, de te jeter au visage les mots qui te feront voir ta réalité que ta conscience réduite occulte. Mais non je te souris, je te dis qu’il faudra recommencer pour finir pas y prendre plaisir. Mon écorce est gentille. Pierre est gentil, pierre est sympa, et patati tata.

Partout où je tourne mon regard, je vois des gens programmés, pour croire à ceci, pour penser cela. Pas de conscience personnelle, ou si peu. Personne n’a voulu devenir fou, n’a désiré aller au delà de lui même. Que du raisonnable sans raison, depuis toujours à fuir l’ennui, à fuir une réflexion toujours plus lourde à supporter. Le vide est là, omniprésent. J’ai juste appris à l’oublier. Mais quand l’ennui revient, il est à mes pieds. Je deviens la carte zéro, la première lame du tarot, le fou au bord du précipice.

Mais bon, même si ce puits sans fond s’ouvre à la moindre occasion, je le connais, je l’accepte, et ma vie n’est plus cette panique tant vécue, tant cachée, qui me poussait à l’oubli jour après jour. Occulter le vide en me précipitant dans le néant… Mes enfants sont là. Je suis comme un poteau indicateur indispensable à leur vision pour quelque temps encore. Je me dois d’être planté dans un sol à peu près solide. J’y ai laissé une partie de moi dans ce sol. La partie la plus fantasque, celle certainement qui plaisait le plus, celle qui m’aspirait et me sublimait aussi… Que suis je devenu ? Je ne sais me juger, je ne peux que me voir et mon histoire ne fait que continuer. Pas de regrets ni d’autosatisfaction, juste des semblants de choix inhérents au scénario et à ma capacité d’acteur.

La vie est cruelle, sauvage. Son sens divin m’échappe. La création est une psychose dans la recherche frénétique de la destruction. Mais je suis vivant. C’est la seule chose que je peux affirmer. Et même si le dieu sadique ne m’a donné que la capacité de voir la déliquescence des choses, je suis en vie et c’est formidable….
Par roujsend
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Samedi 7 janvier 2006

Lorsque j’ai croisé Quetze, j’ai cru qu’avec ses « my friend » et ses « come on with me », il voulait m’entraîner dans un piège à touristes dont sont friands les occidentaux de passage, en quête de souvenirs exotiques et de chevelures à plumes. Deux mois quand même que je traînais ma peau dans ce pueblo, en bordure du Red Desert. Deux mois que la chaleur et la poussière m’avaient transformé en une espèce de minéral au teint roux qui repoussait systématiquement les propositions intéressées de ces guides qui, contre quelques dollars, vous emmenaient dans la réserve et vous laissaient prendre des photos, tout en passant par les incontournables échoppes de souvenirs. Souvenirs... Pour cela, j’en avais plein la tête. Souvenirs que l’on veut effacer. Trop de choses à oublier, trop d’actions ratées. Le mescal m’aidait souvent à vomir quelques inepties et à remplir la bourse de ce gros mexicain suant, qui me méprisait en me souriant, et qui regardait d’un œil avide les coupures que je faisais claquer sur son comptoir, en échange de son alcool coupé. Elixir d’oubli d’un jour, puis d’un autre... Je fus pris à partie deux fois par des désespérés de mon espèce, mais le commerçant bedonnant et clairvoyant, prit ma défense, sachant qu’il préservait ainsi une rente inespérée. Depuis, tous le monde me fichait la paix, guides, mexicains et touristes. Ces derniers fuyant mon allure et ma déchéance comme on occulte la peur de ce qui, somme toute, peut arriver à n’importe qui. Je voulais disparaître, et il me semblait que le temps, la poussière et l’alcool auraient raison de ma mémoire. Aussi, lorsque cet indien m’adressa la parole, sans lever les yeux, je lui crachais un « no » fiévreux qui se voulait ferme et définitif.

- Look at me, I want to show you something

Je lève les yeux et vois qu’il présente sa main ouverte à dix centimètres de mon nez. Dans sa paume se tient un petit objet que j’identifie comme une pierre taillée grossièrement. Je m’apprête à lui dire que cela ne m’intéresse pas lorsque je réalise que ce caillou bouge, et qu’en fait il ressemble à une chenille enroulée sur elle-même, puis se transforme à nouveau. J’arrive seulement à capter la forme générale qui est un ovale avec de petites échancrures, le tout se mouvant lentement sur lui-même, à tel point que je me dit qu’il n’y a rien qu’une tâche dans sa main. Une tache que les jeux de lumière et un subtil mouvement du bras font bouger. Soudain j’y vois une tête, avec une netteté stupéfiante, je reconnais le visage de celle par qui mon malheur est arrivé. Celle qui fait que je me retrouve là, dans ce lieu sans nom, à l’orée de ce désert rouge, rouge comme le sable qui s’infiltre, comme les murs des cabanes, rouge comme le lointain qui vibre de chaleur, comme mon sang chargé de poison, rouge comme la peau de cet homme qui me fixe et me sourit, comme la flamme qui danse dans ses yeux sombres. J’ai un moment d’étourdissement, une vague d’émotions m’envahit, je la refoule.

- What’s ?

- bud..

Je regarde à nouveau et je vois effectivement un bouton de fleur gros comme le pouce. Je lève un regard suspicieux et sens son étonnement, il rit aux éclats.

- You, crasy brain ! My name Quetze

- Pierre

- Like stone, come on stone, come on, now, you have to run, come on...

Pourquoi je l’ai suivit ? Avec le recul, j’ai l’impression que c’était lui que j’attendais, là, dans cette région où la vie semble s’accrocher désespérément. Sur le moment, il aurait pu me dire de chanter ou même de lui donner tout ce que je possédais encore que je l’aurais fait. Il me tenait en son pouvoir, totalement. Il m’a simplement demandé de le suivre.

Nous primes un vieux taxi branlant, et alors que je pensais qu’il m’emmenait vers la réserve, nous nous enfonçâmes plus avant dans le désert. La chaleur, les cahots et l’étrange mélopée de Quetze m’engourdirent.

Je me réveille, il fait nuit, je suis couché en chien de fusil. Quetze me parle et me dit de m’asseoir. La nuit est si sombre que je le distingue à peine. Il me verse dans la main une poignée de petits boutons identiques à celui qui m’avait tant fasciné. Lui-même en sort un et le mâche. Il me dit d’en faire autant et de ne plus bouger, puis disparaît dans le noir. Alors je mâche. Immédiatement, une saveur amère envahit ma gorge et me tonifie. L’air se cristallise, de petites particules de lumière filent en zigzag et éclatent, emplissant l’espace et chassant les ténèbres. A la limite de mon champs de vision, une ombre se matérialise, puis une autre. Nous ne sommes pas seuls. Je compte bientôt dix formes humaines assises, dix formes enveloppées d’une lueur bleue, presque blanche, mouvante, comme une flamme de bougie qui ondule doucement. Je suis fasciné par ces êtres immobiles.

Ma notion de temps est totalement bouleversée. Il me semble que je viens d’arriver alors que je réalise que je mâche déjà le dernier bouton, et que la Lune, absente quelques instant plus tôt, est haute dans le ciel. Un des hommes se lève et s’avance vers le centre de notre groupe. De ses pieds nus, il frappe le sol. Je sens une vibration se répercuter à travers la terre et dans mon corps. Je réalise que nous sommes assis en cercle, et je sens s’abattre sur mes épaules une lourdeur qui me fige et dirige mon regard vers cet homme qui danse et danse à n’en plus finir. Mon corps est lourd, mes paupières se ferment, la position assise devient insupportable. J’ai froid. Je me couche, me recroqueville et me laisse entraîner par le rythme saccadé des ces coups qui résonnent, résonnent....

J’ouvre les yeux, je suis seul, je me redresse sur mes pattes, aux aguets. Le vent m’apporte l’odeur des miens, plus loin. Je renifle l’air à petits coups secs. Je sens l’arôme proche et sucré d’un lézard, la promesse du plaisir de manger me fait saliver. Plus je suis la trace de ma proie et plus son goût m’envahit, impatient. Il est là, immobile, saisit par le froid de la nuit. Je saute et retombe, mes deux pattes avants sur le reptile qui se débat vainement. Sans attendre, j’enfonce mes crocs dans ses chairs, petit cri d’une vie qui s’achève pour mon bonheur. Délice, ma faim est un désir hurlant. Craquements voluptueux des petits os que je broie. L’énergie qu’il m’apporte est extase, je hurle... Retrouver les miens, plus loin, le rocher. Ils sont là, nous nous sentons, quête fébrile, sabbat. La lumière lunaire nous inonde, hurlements. Tristesse. Une pensée fulgurante me traverse, je suis un coyote, mon cri chante la tristesse des hommes...

Je suis à Paris, je la vois, boulevard St Germain, elle sort d’un restaurant. Un homme la tient par la taille, ils rient, ils titubent. Ils sont enveloppés de cette même flamme qui entourait les amis de Quetze, mais là, je ne vois qu’un assemblage de couleurs des plus repoussant. Un jaune sale se mêle en une frontière indéfinie à du pourpre et de l’orangé. Aucune luminosité, des teintes sombres qui se mélangent et se fondent entre elles, j’ai envie de vomir. Une vapeur, une brume d’un bleu lourd, épais, s’étale autour d’elle. Elle a peur, je le sais, peur de déplaire, de déplaire au monde entier. Sa névrose l’enveloppe, l’aveugle, devient sa motivation. Je la vois vieille, ridée, hystérique, dévorée par sa quête désormais vaine. Quelque part, loin d’ici, je hurle à la Lune, je hurle et je pleure. Puis je regarde l’homme qui est avec elle. Les ombres qui l’entourent sont violettes, d’un violet électrique, elles semblent naître de son ventre pour s’infiltrer autour de la tête de sa compagne. Désir de posséder, d’avoir, de ne pas perdre. Aucun des deux ne pense réellement à l’autre, chacun esclave de sa folie. Soudain dans un moment de panique, je reconnais cet homme, c’est moi. Moi tel que j’étais, tel que je suis, accroché à des chimères, me battant contre mes propres monstres, croyant aimer. La scène devient totalement irréelle. Je vois les êtres que je croyais si bien connaître s’enlacer, je vois leurs chairs qui se liquéfient. De leur contact naissent des étincelles verdâtres qui repoussent les deux auras à l’opposé l’une de l’autre. Un immense cri d’horreur emplit l’univers. Je hurle, je suis un coyote qui hurle la souffrance d’un homme, ma souffrance. Une digue gigantesque vient de se briser, un océan de douleur me submerge. Mes émotions si longtemps retenues se libèrent et je pleure. Je pleure sous ce soleil qui brûle ma peau, le visage dans la poussière, je sanglote. Quetze est assis à mes côtés, il fredonne, il me regarde et sourit. Je m’assieds. Quelque chose de fondamental vient d’avoir lieu, quelque chose qui s’éveille à ma conscience. Je le sais, Quetze aussi le sait, son regard me le dit.

- You have to go, now

- yes

- I have to go too.

Je me lève, un flot de questions surgit en moi, mais d’un geste il les élude, me désigne le taxi qui nous a amenés ici, puis une phrase, une seule : remember, life is beginning. Il a raison, la vie commence.

Plus tard, beaucoup plus tard, dans l’avion qui me ramène en France, je m’endors profondément, fétus à l’aube de sa naissance, je me souviens...

Orly, lumières artificielles, fourmilière. Les hauts parleurs font résonner des mots qui appellent et dirigent. Je vois des couples enlacés, frissons...

Voilà, la vie commence. Oui, partout et toujours, la vie commence.

Par roujsend
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Jeudi 26 janvier 2006

Il y a longtemps, très longtemps, à mon échelle de temps une éternité, j'étais seulement un enfant. Il y avait en moi un enfant et un immense espace presque vide. Un espace qui s'est rempli de raisonnable. à cette époque, vers le début de la création, le raisonnable m'était totalement inconnu. J'étais entièrement, fondamentalement, déraisonnablement instinctif. pourtant je n'étais pas irraisonnable. Et plus la vague du temps me portait sur son écume, plus le monde qui m’entourait emplissait une partie de mon univers de sa raison, de son humaine perception et de sa manière d'interagir avec lui.

Mon univers semble infini
Mais comme un astronome derrière son télescope
Ma vision est réduite
Et mon esprit sous un carcan se meut.

Le raisonnable réduit le champs de conscience à ce qu'il trouve conforme à sa tolérance. Le reste doit être refoulé totalement. Ou devrait l'être, car l'enfant a en lui de puissantes ressources. Chaque être enferme plus ou moins sa nature, son essence, et les plus puissants leviers de son existence sont enfouis au delà de sa perception directe. dans les oubliettes du non dit, du non vécu, du déraisonnable...

Il y a longtemps, pendant une parcelle d'éternité, ma conscience était à l'affût de tout, sans jugement, dans une quête superbe de l'amour, du plaisir que peut apporter l'existence. Petit à petit, cet espace, prêt à recevoir la connaissance, s’emplit de raisonnable, de valeurs, de principes. J'ai dans mes souvenirs, l'instant où la voix du raisonnable devint forte, impérieuse, douloureuse, au point que j'étais prêt à oublier qui j'étais, à vivre docilement sous le joug de ce despote pour ne plus avoir à souffrir.

Je construirai une machine
Un Titan de métal, de tonnerre et de feu.
Et au fond de son cœur
Je scellerai mon être

Se retourner en soi dans une quête difficile, passant de la lumière à l'obscurité, et lutter sans cesse, renversant les tabous posés comme des panneaux désignant les frontières de contrées effrayantes, interdites, inhumaines. Avancer à tâtons contre les ordres de la voix menaçante, du terrible Maître. Et paradoxalement raisonner, réfléchir et sentir. Reconnaître chaque chemin pour l'assimiler, le comprendre et l'intégrer au monde, pour renaître...

Le  monde est une merveille, le simple fait d'exister est une chose fabuleuse.

Par roujsend
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Vendredi 3 février 2006
Hier, ma copine, qui était en vacances aux states depuis 15 jours rentre à la maison. Retrouvailles, bisous. Et alors, c'était comment? Et bla bla bla, bla bla bla et bla. Et plus son discours avançait, plus je trouvais des choses à redire, notamment sur le jugement qu'elle portait sur les choses, les gens. Plus je trouvais des choses à redire et plus elle s'énervait et insistait et plus je sentais que ces retrouvailles prenaient l'allure d'une catastrophe. J'essayais de me calmer, mais invariablement, au bout de quelques minutes, le ton de la conversation augmentait et la polémique s'intensifiait. Dans des instants de brève (très brève)  lucidité, je me disais qu'elle ressentait la même chose mais ne pouvait rien faire de plus que moi pour changer notre relationnel du moment. Au bout d'un certain temps, nous sommes partis chacun de notre côté,  enragés, persuadés de notre innocence quant au conflit. Je m'allongeais pour dormir, mais mes pensées filaient et trouvaient toutes les raisons possibles à sa culpabilité. Et il y en avait beaucoup, en fait ça ne s'arrêtait pas. Les raisons défilaient et s'empilaient les unes sur les autres. J'avais envie de me relever pour lui ajouter une nouvelle couche sur les couches déjà mises. Et soudain, je réalisais que j'étais en colère, et qu'il n'était vraiment pas possible qu'elle ait autant de responsabilités à la fois dans cette querelle. Querelle dont la source devenait de plus en plus floue. Alors, j'ai dit stop, de la même façon dont je m'adresse à moi même (mon esprit?) quand je cherche à faire venir à ma mémoire le souvenir de mes rêves. J'ai "voulu" que tombent toutes les raisons fausses qui justifiaient mon comportement. Et là, les raisons multiples sont tombées, ma colère aussi. Il ne restait plus dans ma tête que deux petites causes bien personnelles, bien claires, évidentes, mais qui, somme toute, auraient du être dites dès le début (je ne vais pas vous les dire, ça ne vous regarde pas). Deux petites causes et un grand calme. Alors je me suis levé, suis allé la voir et lui ai expliqué. Et le conflit s'est éteint comme il avait commencé. Hier, j'ai eu une petite lueur dans mon aveuglement. ha, si j'étais le seul aveugle sur Terre, le monde irait certainement mieux aujourd'hui. Mais je n'ai pas noté de changement sensible dans la marche du monde ce matin, et ce soir, il semble fonctionner de la même façon qu'hier. Des conflits comme conséquences d'illusions.....
Par roujsend
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Lundi 6 février 2006
Sur une planète carrée, dans une galaxie située près d'un amas spiralé et lointain, infini oblige, existe une race maudite, car la vie sur cet astre n'est possible que sur les arêtes du carré. Les côtés étant recouverts soit de gaz toxiques, soit de corps radio-passifs très nocifs. Ceux-ci formaient des nuées inquiétantes menaçant sans cesse le futur proche des car'ésiens (c'é'ai' leur nom).Tous les jours, dès leur réveil brutal, car un lever de soleil est toujours brutal sur un cube, quelle que soit sa taille, les nuées les menaçaient.
Un jour, dans un éclair de génie, un des leurs, complètement rond, trouva une solution. Ils firent de la fumée, nocive mais pas mortelle, et dans ce nouveau brouillard, la menace inquiétante disparut de la vue des car'ésiens apeurés. Bien sûr, le soleil s'est éclipsé lui aussi, ils vivent moins vieux, toussent, ont des boutons, mais ils peuvent penser radieux et pâles, à leurs enfants qui ne connaîtront pas la menace sans cesse renouvelée d'un horizon bouché!
Pourtant, mil ans plus tard, les enfants des enfants de la progéniture des restes de leurs descendants, oubliant la menace désespérante, éteignirent le feu de leurs ancêtres. Et tout fut clair, et tout fut à refaire! Ils réalisèrent qu'ils vivaient plus serein dans un mensonge joyeux accroché à leurs têtes, que dans l'insupportable vérité de lendemains effrayants!!
Par roujsend
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