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Peu importe de préférer l’herbe grasse ou le chardon, ce qui compte pour le berger, c’est d’être dans le champs et de brouter.
L’humain broute, il est éduqué pour cela. Il broute des objets de consommation, des lieux touristiques, il broute aussi l’actualité. Bien sûr, il le fait avec plus ou moins d’intelligence, puisqu’il a appris à l’être. Certains ne font qu’avaler sans réfléchir, d’autres ruminent, mais tous digèrent à peu près la même chose.
N’ayant pas la capacité instinctive, naturelle, à prendre assez de recul pour se voir lui même à travers les yeux d’un autre et que, face au miroir, pour éviter l’abîme, se rassurant de la justesse de ses certitudes, il ne voit autour de lui que des moutons et se retire du troupeau en bêlant.
En dehors de la science pure et analytique (et encore...), il n’y a pas de reflexion juste, juste des avis. Des avis inhérents au degré de compréhension personnel, d’information qu’on en a. De la capacité à projeter sur le court, moyen et long terme. Des avis qui dépendent de notre éducation plus ou moins bancale, des tabous inculqués, de l’air du temps, de notre humeur du moment, de l’idée politique et philosophique que l’on a de soi.... etc....
Des avis qui font polémiquer, qui occupent les pensées, qui créent des névroses ou plus. Des avis qui usent nerveusement et abîment l'esprit et le corps. Des avis qui occupent des soirées entières et parfois une vie.
Des opinions qui sont un peu comme ce brouillard ce matin, qui voile le réel ou ce qui semble l’être.
Le monde est cruel et peuplé d’idiots. L’intelligence appliquée à autre chose qu’à ce que nous vivons directement est un leurre qui nous fait croire à une supériorité factice et nous rend plus bête encore.
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