Plus de on! plus de nous non plus! Car le nous est encore plus subtil voyez vous. Car parfois il remplace le soi. Seul le "je" est valable. pourtant mon "il" est sujet dans la phrase précédente et remplace le "nous" tandis que mon "je" est à la troisième personne du singulier. Alors que le "nous" me rassure puisqu'il veut dire que je fais partie d'un ensemble qui me ressemble, le "on", lui, indéfini, comme il se définit d'ailleurs, est plutôt pour les autres, et s'il se finit toujours par un "n", commence volontiers par un "c", et donne un sens infiniment moins insensé à ce que certains pensent de ceux dont la pensée diffèrent. Donc "nous" est différent de "on" mais n'a pas plus de sens et n'en n'est pas moins c"on". Plus haut, je mets "on" au pluriel, en disant "certains", vous remarquerez alors que après le "n" (de "on" au singulier) certains prend un s mais garde son "c". Bon voilà, j’espère que vous m’avez suivi , ce n'est pas si dur que ça (sur lequel il y a aussi des choses à dire)! et tant pis pour le repos anticipé de mes connections synaptiques de fin de soirée...
Par roujsend
-
Publié dans : Pensées de surface
2
-
Recommander
Carnac, un des hauts lieux de l’ésotérisme est mort. Ils l’ont grillagé, oui entouré de grillage le champs de menhirs, avec entrée payante et collier avec menhir en plastique comme souvenir (pourquoi pas Obelix aussi ?). Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Il y avait une espèce de grand champs en friche à Carnac, un no man’s land où se réunissaient régulièrement les indiens d’Europe. Et bien, vous n’allez pas me croire, il y a des menhirs là aussi maintenant. D’où sortent ils ? Mystère... Des menhirs, des tables en bois, des bancs pour les tables, des poubelles et des papiers gras. Il y a aussi un musée qui surplombe l’ancien site. De là, on peut voir un chemin qui sinue entre les pierres, mais pas entre toutes les pierres. Certaines en fait, ne sont jamais visitées. On ne vient là que pour dire qu’on est venu là. Et puis quelle magie dans ces cailloux ? La magie était dans l’ombre des pierres, la nuit. Dans l’air, dans ces bois maintenant aménagés. Dans la solitude. Dans ces rencontres où des inconnus se réunissaient pour fêter leurs croyances et leurs espoirs.
Que dire d’autre sinon que j’ai rencontré un jeune couple qui se demandait pourquoi, oui pourquoi nos ancêtres préhistoriques avaient dressé ces pierres. Je m’approchai d’eux et leur expliquai que le site à l’époque était recouvert d’eau par les marées et que les hommes avaient mis ces pierres là pour que moules et coquillages viennent s’y coller. La fille ouvrit des yeux étonnés tandis que l’homme me dit dans un sourire que c’était une bonne façon de pêcher sans se fatiguer. Avec le plus grand sérieux, je lui répondis que ces pierres devaient être sans doutes lourdes à porter, mais que cela se pratiquait encore de nos jours, notamment à la pointe de Kerdeniel, au sud de Brest. Ils me regardèrent avec étonnement, me demandant et notant le chemin à suivre. Je leur expliquai et partis.
Qu’ils y aillent à Kerdeniel, là bas, il n’y a rien. Qu’ils y aillent tous. A plougastel aussi. Et puis, qu’ils aillent dans les fêtes foraines, dans les discothèques et dans les bars. Qu’ils aillent au diable. Je m’en vais, un homme prend en photo sa femme devant un menhir, souvenir de Carnac. Dans une poussette un enfant pleure. Un autre plus grand, se fait enguirlander par son père car il ne suit pas le chemin guidé, mais s’amuse entre les menhirs... J’ai laissé ma voiture près de la plage pour ne pas déranger le site, j’ai eu tort, il y a plein de parkings maintenant. Un peu de magie et de rêve s’en est allé. Mais je reste positif, je me dis que c’est à ce moment, lorsque la magie est chassée du monde et qu’elle se réfugie dans les têtes qu’elle devient plus forte et transforme l’homme. Le temps et la vie auront raison de l’homo sapiens sapu.
Par roujsend
-
Publié dans : Songes
3
-
Recommander
Alors, enfant que j’étais, je partais à sa découverte. Mais comment, face à ce monstre aux dimensions titanesques, pouvais je expérimenter ce pouvoir nouveau qui semblait indispensable à la survie en ce monde ?
Avec lâcheté, bien sûr, utilisant le peu de pouvoir que j’avais sur les plus faibles. Mais ne vous méprenez pas. Il en est toujours ainsi, la puissance, quand elle est utilisée pour dominer l’autre, se fait toujours aux dépends des plus faibles. C’est une pieuvre aux mil pattes où chacune d’elle est un moyen d’action, de pouvoir sur l’autre. Et derrière elle, une myriade d’émotions, de sentiments la suivent.
Vous connaissez la tentacule de la force brutale, évidente, grossière, celle qui ne laisse que le choix de s’abaisser. Et celle du mensonge, bien plus tenace et qui vous tient encore lorsque le monstre est partit, laissant les doutes s’insinuer au plus profond de votre esprit. Mensonge pour tromper, pour trahir, pour emmener l’autre à agir ou penser comme on le désire, pour charmer aussi, utilisant sans vergogne le sentiment qu'on pense le plus subtil et le plus doux. Et le long tentacule fin et coupant de la culpabilité, se servant des larmes et des sanglots pour mener l’autre à ses fins ? Celui de la raison et des mots, dominant le mental, preuve logique à l’appui…
Pendant des années, de la plus petite fourmi à l’être humain, j’exerçais mes talents, et plus je connaissais les autres, plus mon pouvoir grandissait. Mais ce dont je n’avais pas eu conscience était cette multitude de sentiments que traînait la pieuvre derrière elle. Un jour je souffrais alors à mon tour, non pas de la puissance des autres, mais bien de la mienne. L’acquisition lente et inhibitrice de la morale s’éveillait à son tour, et la culpabilité, la pitié, le remord envers ceux que j’avais manipulé m’envahirent (peut être aussi la peur de la punition divine cachée derrière tout ça). Soudain, dans le grand champs de bataille où je me démenais depuis si longtemps pour la victoire, je voulais déposer les armes…
Par roujsend
-
Publié dans : Le vide
0
-
Recommander
Dans mon esprit d’enfant, j’imaginais cette nouvelle terre comme un monde vraiment à part, un lieu où l’on pouvait aller et puis revenir. A partir de ce moment, j’imaginais des histoires dont j’étais le héros. Mes premiers pas dans le désir de puissance étaient à la mesure de mon âge, et je m’imaginais en fougueux défenseur de ma mère, combattant et vainquant les chimères qui l’empêchaient de revoir son pays. Je sortais victorieux sous les remerciements des miens et sous les baisers de celle qui m’avait fait naître ! Quelle joie de sentir cette reconnaissance. Quelle naïveté en ces temps ! quelle innocence qui doucement s’étiolait, car durant mon sommeil, mes rêves, reprenant le relais de mes fantasmes d’enfant, se transformaient en cauchemars. Cauchemars où les monstres que j’affrontai la journée prenaient des allures de démons, d’animaux terrifiants aux travers desquels la réalité de ce qu’est la puissance se révélait à mon esprit : une immensité à parcourir, à construire, à dominer en même temps qu’un vide intérieur à combler.
Et puis le temps est passé, et en grandissant, j’ai réalisé que ce nouveau royaume était le monde dans lequel je vivais, et qu’un retour dans l’ancien monde n’était plus possible. Quelque chose de fondamental avait changé. Dorénavant, du fond de mon être, une pulsion atavique s’était éveillée, et j’allais devoir, oui devoir, expérimenter, appliquer ma puissance à l’univers qui m’entourait sous peine de la subir.
Par roujsend
-
Publié dans : Le vide
4
-
Recommander